Les travaux menés par le Département, qui auront duré un an, ont rendu son aspect initial à cette sculpture classée Monument historique. Photo : CD92/Willy Labre
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Le nouveau visage de La Tour aux figures

La restauration de l’œuvre monumentale de Jean Dubuffet, au parc départemental de l’Île Saint-Germain, est achevée. Elle accueille à nouveau le public à partir du 12 septembre.

Le long des anfractuosités, le spectateur joue à retrouver ces formes  – yeux, bouches, visages – auxquelles elle doit son nom de Tour aux figures et qui ont recouvré leurs bleus, leurs rouges et leurs blancs d’origine. Le renouveau s’étend aux entrailles de cette sculpture monumentale de vingt-quatre mètres de haut. « Même s’il restera réservé à un petit nombre, c’est un bonheur de savoir qu’on va enfin pouvoir visiter l’intérieur, qui est aussi extraordinaire que l’extérieur », se réjouit François Gibault, président de la Fondation Dubuffet qui veille sur cette œuvre majeure de Jean Dubuffet (1901-1985), inventeur de la notion « d’art brut ». Le Département souhaitait lui rendre son aspect d’origine. « C’est une grande réussite. Le droit moral de l’artiste a été parfaitement respecté, poursuit François Gibault, saluant la mémoire de Patrick Devedjian, sans qui cette restauration n’aurait jamais abouti ». Telle une vigie, depuis la Seine, la Tour joue les portes d’entrée de la Vallée de la Culture, l’un des grands projets du défunt président du Département. Réalisée sur les indications de Dubuffet, décédé en 1985, dans le parc départemental de l’Île Saint-Germain, inaugurée en 1988, elle est classée Monument historique en 2008, fait rare pour une œuvre d’art du XXe siècle. Mais elle avait souffert d’un manque d’entretien. En la reprenant à l’État à l’euro symbolique, en 2015, le Département entendait assurer son sauvetage. « Les couleurs étaient défraîchies, l’épiderme extérieur couvert de micro-organismes. À l’intérieur, il y avait de l’eau à cause de la condensation », rappelle Michèle Barret, chef de projets culturels au Département. Les visites avaient dû cesser depuis longtemps…

À l’identique

Sous l’égide d’un architecte en chef des Monuments historiques et d’un comité scientifique composé d’experts de l’État, de la Fondation Dubuffet et du Département, le chantier, lancé au printemps 2019, aura duré un an. Il avait été précédé par plusieurs années de travaux préparatoires. À l’extérieur, plutôt qu’une restauration par petites touches à la manière d’un tableau, le choix a été fait d’une « repeinture » à l’identique sur la base d’études colorimétriques facilitées par les maquettes laissées par l’artiste. Le Département s’est adressé à Richard Dhoedt, parfait connaisseur du geste du plasticien. « Richard Dhoedt était l’œil et le bras de Dubuffet. Il a une façon d’appliquer qui joue avec les creux et les bosses du relief pour créer des illusions d’optique », explique Michèle Barret. De manière à multiplier les points de vue sur la Tour, désormais mise en lumière la nuit, les abords paysagers ont été « épurés » et des pupitres informatifs installés dans le parc. L’intérieur, dont les peintures ont dû être nettoyées et reprises par endroit, avait mieux traversé le temps. Là encore, les interventions ont tendu à ne pas dénaturer l’œuvre. Comme l’installation d’une ventilation mécanique – pour éviter les phénomènes de condensation – « dont les gaines se fondent dans le revêtement intérieur ». Ou le remplacement des lampadaires halogènes par des LED, discrètement placées dans les marches, dont la lueur diffuse préserve les clairs-obscurs du parcours dans le « Gastrovolve », comme l’appelait l’artiste, combinaison d’une grotte, d’un labyrinthe et d’un escalier en spirale. Dès le 12 septembre, guidé par un conférencier, le grand public y aura accès jusqu’au dernier étage. Des visites pour certaines suivies d’un atelier dans la halle du parc, où a été aménagé un espace d’accueil et de médiation. La Tour ne pouvant accueillir que douze personnes et n’étant pas accessible aux personnes à mobilité réduite « l’idée était de mettre en œuvre un système souple et modulable pour rendre cette œuvre visible au plus grand nombre ». Elle doit devenir une étape incontournable pour les amateurs d’art mais aussi pour les familles, les scolaires et les publics du champ social.  Dans la halle sont aussi proposés, en libre accès, exposition photographique, panneaux pédagogiques, bornes vidéo, jeux et documentation pour (re)découvrir cette œuvre hors norme. 

Pauline Vinatier

Pour découvrir le Gastrovolve

Sous réserve des conditions sanitaires, la Tour aux figures rouvre au public sur réservation uniquement. Les visites guidées ont lieu le samedi et dimanche après-midi jusqu’au 31 octobre et un dimanche par mois pour les familles (suivies d’un atelier d’art plastique). À l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, les 19 et 20 septembre, auront lieu une visite guidée suivie d’un atelier (pour les familles) à 10 h, ainsi que deux visites guidées (grand public) à 14 h 30 et 16 h. L’espace d’accueil ouvrira de 10 h à 18 

tourauxfigures.hauts-de-seine.fr

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