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Une passerelle entre l’âge et le handicap

CD92/Willy Labre

Dans le cadre d’une expérimentation départementale, l’Ehpad Sainte-Émilie de Clamart accueille des personnes âgées de plus de 55 ans en situation de handicap.

L’heure est aux activités créatives pour les résidents. Les doigts couverts de colle, Carmen termine son œuvre du moment, un cadre en forme de cœur. « Je suis bien ici, j’ai une copine qui n’habite pas loin », sourit-elle. Elle a son set de table personnalisé et sa place attitrée dans la salle commune de l’unité PHV – personnes handicapées vieillissantes. Comme les onze autres résidents. « Ils tiennent à leurs habitudes, c’est une façon de leur donner des repères », explique Marie Collin, cadre de santé de l’Ehpad. Autres rituels, celui du goûter, ou encore la promenade dans le parc.

Arrivés en fin d’année dernière, les douze pensionnaires se sont rapidement adaptés.© CD92/Willy Labre
Des animations variées se succèdent tout au long de la semaine.© CD92/Willy Labre

Un seul des douze résidents de l’unité PHV a plus de soixante-deux ans. Les nouveaux venus sont donc les « petits jeunes » de la maison de retraite. « Chez les personnes en situation de handicap, le vieillissement intervient plus tôt. Or la population de nos foyers de vie vieillit, explique Sylvie Buchot, chargée du pilotage des établissements au pôle Solidarités du Département. Dans ces derniers, près de deux tiers des résidents ont ainsi plus de cinquante ans, période qui coïncide avec la sortie des structures d’aide par le travail. « On voit bien qu’ils ont encore une grande vivacité. Mais à cause de leur handicap, ils ne seront pas en capacité de bien vieillir sans accompagnement adapté », observe Emmanuelle Candas, médecin gériatre au pôle Solidarités. D’où l’âge de cinquante-cinq ans fixé pour intégrer cette unité expérimentale, mise en  place avec l’ARS, « qui crée des passerelles entre le monde de la vieillesse et celui du handicap », poursuit Sylvie Buchot.

L’unité verte, l’une des dix de l’établissement, a été réservée à ce nouveau public, placée de façon centrale pour faciliter les croisements avec le reste de l’Ehpad. Bien en amont de l’arrivée des premiers résidents, en novembre dernier, le projet avait été construit avec les structures d’origine, en particulier les Papillons Blancs de la Colline à Saint-Cloud. Les équipes soignantes se sont ainsi rendues en foyers de vie. « Il fallait qu’ils se forment théoriquement mais aussi qu’ils aillent sur le terrain pour comprendre les spécificités de ce public. Ces résidents n’arrivent pas du domicile mais sont institutionnalisés depuis leur plus jeune âge », souligne Nathalie Loutzky, directrice de l’Ehpad. « Il y a une façon différente d’appréhender le soin, il ne faut pas les bousculer », juge Marie Collin. La journée, le groupe est encadré par Lucile Bod, une éducatrice spécialisée, prestation financée par le Département en plus du forfait dépendance et de l’hébergement. Au programme : découpage, poterie, lecture, musique, danse… « Ces activités, explique Lucile Bod, entretiennent leur concentration, leur motricité fine, leur relation à l’autre…
Ils peuvent aussi participer aux animations de l’Ehpad.
 »

Se sentir chez soi

Étagère remplie de bibelots dans une chambre, coloriages dans une autre, photographies… chacun s’est installé avec ses petits trésors et ses meubles. « Ils avaient vécu des décennies au même endroit, il fallait qu’il se sentent ici chez eux », note Sylvie Buchot. Seul le lit médicalisé marque le changement d’environnement. Le fait que les résidents, issus de trois foyers différents, aient retrouvé des têtes connues a aussi favorisé leur adaptation. L’équipe soignante dédiée est composée de volontaires. « Cette prise en charge spécialisée donne du sens à leur pratique », constate Nathalie Loutzky. « Le contexte sanitaire fait que nous ne sommes pas à 100 % en termes d’ouverture sur l’extérieur et de moments partagés avec les foyers d’origine, explique Marie Collin. Mais ils s’appellent beaucoup en visio ! » Dans cinq ans, cette expérimentation sera évaluée et éventuellement reconduite. D’ici là, deux nouvelles unités doivent ouvrir pour répondre à la demande des familles : à Sainte-Émilie, quarante-deux candidatures avaient été reçues pour douze places. 

Pauline Vinatier

Une traque dans les eaux usées

Dès le printemps 2020, le constat a été fait d’un lien entre le nombre d’hospitalisations et la présence du virus dans les canalisations. Depuis, la communauté scientifique se mobilise à ce sujet. Avec le CSTB, le Département apporte sa contribution par la mise au point d’une méthode de surveillance inédite « en pied d’immeuble ». L’enjeu des tests aux collèges Pompidou et André-Malraux a été d’aboutir à une méthode de détection simple, fiable à moindre coût, et transposable à grande échelle. Cette méthode, qui n’avait montré la présence d’aucun virus dans les deux collèges, a confirmé sa fiabilité en banc d’essai. Le Département étudie actuellement le meilleur moyen de mettre à profit ces résultats. 

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