Posté dans Panorama

Une planète en mutation

En attendant l’ouverture du nouveau musée départemental Albert-Kahn, trois photographes exposent dans les jardins leurs regards sur une planète en mutation.

La 4e édition des Rencontres photographiques, organisées à Boulogne par l’association des Amis du musée avec le soutien du Département, de la ville de Boulogne et du fonds de dotation Porosus, a réuni – à distance – 237 photographes de 29 nationalités, « investis dans l’exploration des territoires et des populations ». Ce sont les œuvres des trois lauréats qui font jusqu’au 19 septembre la belle saison aux jardins extraordinaires où plane encore l’esprit de Monsieur Kahn : ils s’affirment chacun à leur manière mais avec une même évidence « photographes d’ouverture sur le monde et de dialogue entre les cultures ».

Afin de ne pas plomber l’été, on peut arpenter notre planète de l’ombre à la lumière… En commençant par le travail de Jin Tian, photographe chinois résidant depuis dix ans à Paris, qui poursuit un travail de mémoire sur les « laissés-pour-compte de la Chine contemporaine » : Les Démons du vent, une histoire de la lèpre en Chine autour des villages où les lépreux sont à l’isolement dans les montagnes et les îles. En continuant avec Marbre à tout prix où Isabeau de Rouffignac témoigne des ravages écologiques et sanitaires des carrières au Rajasthan en Inde. Et en terminant, dans la lumière, sur Isle of Eigg, de Charles Delcourt, autour d’une communauté autogérée sur une île des Hébrides intérieures en Écosse. 

Accès aux jardins : 4 , du mardi au dimanche. Réservation obligatoire le week-end
image : © Charles Delcourt

Regards sur l’Aigle

À l’occasion du bicentenaire de la mort de l’Empereur, le Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau enquête en images sur Napoléon aux 1001 visages. Jusqu’au 6 septembre.

Quand tout a été dit, écrit, montré, il ne reste plus à exposer que l’essentiel : le regard impérial, celui que ses contemporains et leurs descendants ont posé sur l’homme et la légende. Pas un seul regard, mais des centaines, tous différents les uns des autres et tous ensemble différents de la réalité d’un homme qui ne voulait pas poser et réclamait à son portraitiste de retenir « l’âme plutôt que les traits ». En réunissant une centaine d’œuvres, Isabelle Tamisier-Vétois, conservatrice en chef du patrimoine et commissaire de l’exposition, s’est livrée à une enquête façon Les Experts pour cerner le véritable visage de Napoléon Bonaparte. Si tant est que cela soit encore possible quand la légende a brouillé les traits du vivant même de son héros. Témoignages de contemporains, représentations des membres de sa famille, recherches d’un médecin légiste et analyses du fameux masque mortuaire moulé à Sainte-Hélène, tout est mis à contribution pour « découvrir le visage de Napoléon Bonaparte à travers œuvres dessinées, peintes, sculptées et déceler derrière la diversité de ces expressions, l’évolution de ses traits dans le temps et au-delà le message politique voulu par le héros et retenu par l’artiste ». Le parcours de l’exposition en déroule les 1001 visages possibles, de la silhouette au bicorne idéalisée à la reconstitution en 3D d’un Napoléon rongé par le mal à la veille de sa mort. 

Image : © RMN – Grand Palais – Franck Raux

Châtelains à Sceaux

Entièrement rénové, rendu conforme aux normes d’accessibilité, le « nouveau nouveau » château de Sceaux – puisque l’ancien des Colbert et Maine a disparu après la Révolution française – avait à peine eu le temps d’être ouvert qu’il refermait pour les raisons que l’on sait. Alors pourquoi ne pas profiter de l’été pour découvrir ce qu’est devenu le musée départemental du Domaine et son parcours permanent désormais consacré au goût français, de Louis XIV à Napoléon III ? Un parcours permanent ressemble à une succession de chapitres dans l’espace : il faut que l’histoire se tienne et que les personnages soient bien campés. On ne saurait mieux faire qu’en consacrant chacune des grandes salles de l’édifice – qui rappelons-le fut construit au milieu du XIXe siècle pour le duc et la duchesse de Trévise – à un propriétaire illustre du domaine. Colbert, Maine, Penthièvre, Trévise : on entre en châtelains entre leurs murs et dans leurs meubles, comme invités à partager avec eux, discrètement, un moment d’intimité.

Image : CD92/Willy Labre

Le ventre des figures

Enfin ! La Tour aux figures, l’œuvre monumentale de Jean Dubuffet dressée au centre du parc de l’île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux, acquise et restaurée par le Département, est désormais pleinement accessible à la visite. Ou plutôt : aux visites. Parce que cet étrange totem bariolé qui fait crier les enfants (de joie) et enchante ceux qui ont gardé un certain esprit d’enfance quel que soit leur âge, porte en lui suffisamment de puissance pour accepter tous les chemins de découverte. On peut y aller en flâneur et tourner autour comme si l’on butinait l’esprit de liberté d’un art que l’on dit brut car il s’adresse aussi aux non-initiés. On peut tout apprendre sur l’artiste et son monde dans l’espace d’accueil ouvert l’après-midi des week-ends. Et l’on peut désormais, à partir de 6 ans, sur réservation et dans le respect des consignes sanitaires, s’aventurer masqués dans les entrailles de la tour, « gastrovolve » à étages aux multiples « poches » blanches striées de noir qui n’est pas conseillé à qui aurait du mal à monter les escaliers ou à supporter les situations vertigineuses.

Image : CD92/Willy Labre

Des pages à la plage

Puisqu’il n’y a pas que les consoles dans la vie et qu’il faudra bien occuper les enfants en vacances, dans les parcs ou à la plage, voici l’instrument idéal : un livre ! Ça ne craint pas les chutes, ça peut s’utiliser au soleil et c’est – globalement – étanche ! Et pas n’importe quel livre puisqu’il s’agit du premier prix Chateaubriand des collégiens des Hauts-de-Seine, ouvrage dans la veine historique décerné par un jury de collégiens, créé par la maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry dans le cadre du dispositif départemental d’éducation artistique et culturelle Chemin des arts. C’est l’histoire un peu inquiétante de l’adolescente Tess communiquant avec les souvenirs de ses ancêtres qui a été élue, Derrière toi (tome 1) : La malédiction des 33, d’Évelyne Brisou-Pellen (Bayard jeunesse), devant Julia, fille de César, journal d’une jeune Romaine, de Viviane Koening (Gallimard jeunesse). Le nom de Brisou-Pellen rappellera de nombreux souvenirs de lecture à plusieurs générations de parents, le tome 2 de la série sort fin août et il n’est pas interdit de faire lire l’autre ouvrage… 

Image : DR

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