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Le Circulaire en route vers les mobilités du futur

Quatre projets innovants seront expérimentés en 2020 à Paris La Défense à l’initiative du Département. Objectif : inventer les mobilités de demain.

Un éclairage « intelligent » qui s’adapte à votre approche, puis redescend en intensité après votre passage. Associant revêtement réfléchissant, capteurs de mouvement et ampoules LED d’intensité modulable, cette technologie baptisée Luciole© sera expérimentée dès cette année sur le boulevard Circulaire. « Dans le débat sur le fait de renoncer ou pas à l’éclairage urbain, notre idée est d’éclairer juste ce qu’il faut pour voir et être vu. Imaginez un piéton rentrant chez lui à trois heures du matin parce qu’il travaille de nuit : on va créer autour de lui une espèce de bulle ou de train de lumière. Une fois qu’il a quitté la zone, l’éclairage revient à son niveau minimum de 20 % », explique Tenan Jasaroski, directeur du développement pour Eiffage Route qui l’a développée. Réduisant l’impact économique et écologique de l’éclairage urbain, Luciole a été retenue parmi les quatre lauréats de l’appel à projet RD 993lab, dévoilés en décembre par le Département. 

©Eiffage

Test grandeur nature

Enserrant le quartier d’affaires dans son anneau de 3,83 km, le boulevard Circulaire (RD 993) voit passer quotidiennement 30 000 véhicules. En attendant la requalification de cet axe emblématique, en collaboration avec l’établissement public Paris La Défense et les experts du centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), le Département a souhaité en faire le support d’une réflexion sur les mobilités de demain : « Les entreprises nous disent souvent qu’elles ont des nouveautés mais qu’elles ne trouvent pas de lieux pour les tester, ni les partenaires qui leur fassent confiance. Sur de très gros projets, les maîtres d’ouvrages hésitent à prendre des risques. Avec l’appel à projet, on s’est donné les moyens de réfléchir à la transformation du boulevard mais aussi aux mobilités au sens large, sans vouloir un résultat à tout prix », explique Charles Chemama, directeur adjoint des mobilités au conseil départemental. Le périmètre exact de l’expérimentation se compose du boulevard Circulaire en lui-même mais aussi de la liaison médiane (RD 106) et des espaces publics adjacents. Avec ses souterrains, ses viaducs, ses intersections, une grande variété d’usages et un trafic changeant au fil de la journée, ce domaine routier est un terrain de jeu idéal. 

Sur quarante dossiers déposés, quatre ont donc été sélectionnés par le jury composé de professionnels du Département et de Paris La Défense. En plus de Luciole, figurent dans ce palmarès deux solutions de fluidification du trafic dont le Département pourrait s’inspirer pour mieux réguler son réseau routier. ITS Ready d’Aximum recourt aux technologies communicantes pour conseiller les automobilistes sur leur vitesse et optimiser le partage des temps de feu vert avec les piétons tandis que le dispositif proposé par le groupement Vinci, Actemium et Qucit base ses recommandations de trafic sur l’analyse intelligente de vidéos. Enfin le marquage lumineux Flowell, développé par Colas, permet l’attribution dynamique des voies grâce à des dalles encapsulées de LEDs et s’annonce prometteur pour sécuriser et fluidifier les carrefours complexes. 

Rendez-vous au printemps

Des conventions seront passées avec chaque lauréat pour une installation des prototypes à partir d’avril 2020. Les projets seront soutenus jusqu’à 75 % de leur coût total par le Département. « On envisage de tester Luciole sur un linéaire de cinq cents mètres minimum, dans le but de vérifier que le gain énergétique est supérieur à 50 % par rapport à un éclairage LED normal. Si cette expérimentation fonctionne, elle deviendra une référence en matière de baisse de la facture énergétique dans le domaine de l’éclairage urbain », conclut Tenan Jasaroski. Une expérience appelant l’autre, l’entreprise aimerait en profiter pour installer des capteurs de mesure du bruit en hauts des réverbères. À l’horizon 2021, le RD 993lab tirera le bilan de ces expérimentations qui pourraient, selon leur pertinence, être utilisées sur le boulevard Circulaire ou même répliquées sur le territoire.

Pauline Vinatier
www.rd993lab.fr

Une vie future sous la dalle

Cinq groupements d’architectes ont réfléchi au devenir des surfaces situées sous Paris La Défense. Le lauréat sera choisi en ce début d’année.

Parfois situés à quinze mètres sous la dalle, près de 20 000 m² sommeillent actuellement sous l’axe historique du quartier d’affaires. Une superficie pour le moment inexploitée mais qui va bientôt être réaménagée, notamment le secteur de la « Cathédrale » avec plus de 6 000 m2 situés sous la fontaine Agam. En mai dernier, Paris La Défense, l’établissement public qui gère et aménage le quartier d’affaires, a organisé un « dialogue compétitif » avec cinq groupements composés d’architectes, d’urbanistes, de bureaux d’études techniques et d’experts avec pour objectif de transformer ces volumes en lieux de vie. L’équipe choisie sera connue au premier trimestre 2020. « Le projet que nous retiendrons sera celui d’un lieu à l’identité marquée, fondamentalement différent de ce qui existe en surface. Un lieu mixte, de passage ou de moments prolongés qui vivra à tout moment de la journée. Avec ce projet, Paris La Défense souhaite proposer une expérience différente et inédite en Île-de-France », explique Marie-Célie Guillaume, directrice générale de Paris La Défense. 

www.parisladefense.com

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