CD92/Olivier Ravoire
Posté dans Entretien

« Les solidarités et la relance économique sont nos deux priorités »

Président par interim depuis la disparition de Patrick Devedjian, Georges Siffredi a été élu à la tête du Département le 25 mai à la suite d’une crise sanitaire inédite.

Vous vous êtes retrouvé à la tête du Département dans un contexte particulièrement mouvementé…

Personne n’aurait pu prédire le scénario qui s’est déroulé ces derniers mois… La brutalité des événements auxquels nous avons fait face – la disparition de Patrick Devedjian ainsi que de nombreux Alto-Séquanais, le confinement, la suspension de la liberté la plus élémentaire, celle de circuler, la mise à l’arrêt de l’économie et de la vie sociale – cet enchaînement inouï nous aura rappelé l’humilité avec laquelle il est bon de conduire l’action publique… Mais cette crise sanitaire sans précédent aura sans doute également permis, à ceux qui en doutaient encore, de démontrer le rôle décisif de l’échelon local, au plus près des réalités du terrain, et tout particulièrement du couple commune/Département.

À titre personnel, quels enseignements en avez-vous tiré ?

Cette crise a montré combien notre Département est armé pour faire face à l’inédit. En un temps record, il a fallu s’organiser pour continuer à assurer nos missions essentielles et notre mission numéro 1, l’action sociale, a démontré une fois de plus son caractère indispensable. À ce jour, 77 millions d’euros de dépenses supplémentaires ont été engagés pour lutter contre cette crise, au bénéfice des habitants les plus fragiles, mais aussi des communes et des commerçants, artisans et petites entreprises du territoire… Mais si nous avons tenu bon durant cette crise sans précédent, c’est aussi grâce à un élément majeur : notre capacité financière. Notre excédent budgétaire, que certains n’ont eu de cesse de critiquer par le passé, nous est fort utile aujourd’hui pour juguler les effets de cette crise.

Les communes ont été en première ligne, à nos côtés, dans la gestion de cette crise sanitaire

Vous étiez proche de Patrick Devedjian : que retenez-vous particulièrement de son action à la tête du Département ?

Il faut le reconnaître : pendant longtemps l’image extérieure des Hauts-de-Seine s’est limitée à celle d’un territoire dense, avec ses tours de bureaux et ses salariés pressés ; un territoire éclipsé par Paris sur le plan culturel. Patrick Devedjian a peu à peu gommé ces aspérités pour donner à ce Département une âme, un équilibre, une ambition nouvelle, avec une vraie qualité de vie et des équipements de haut niveau. Mais pour moi c’était surtout un compagnon de route et un ami. Patrick était un homme de conviction, courageux et pugnace, un esprit libre, anticonformiste, défenseur inlassable des libertés, dans son métier d’avocat comme dans son engagement politique. Patrick était fidèle à ceux à qui il accordait sa confiance et, quelles qu’aient pu être les péripéties de la vie politique, notre amitié ne fut jamais prise en défaut. Cette fidélité, aux hommes comme aux idées, est devenue aujourd’hui une qualité aussi rare que précieuse… C’est dans cet esprit que je veux poursuivre ce mandat.

Vous vous inscrivez résolument dans la continuité de la politique mise en œuvre depuis le début de la mandature ?

Ceux qui me connaissent savent que je n’ai pas pour habitude de me renier ou de revenir, au gré des circonstances, sur des projets que nous avons approuvés. Je n’ai pas brusquement changé d’avis, pas plus que la majorité départementale n’a changé. Je crois à la constance dans les engagements pris, car c’est la condition indispensable de la cohérence de l’action et, surtout, de la confiance de nos concitoyens envers leurs élus, confiance qui fait, hélas, trop souvent défaut dans la vie publique aujourd’hui.

J’ai néanmoins parfaitement conscience que nous ne pouvons pas faire simplement « comme avant », d’autant qu’à cette crise sanitaire, s’ajoute la perspective d’une crise économique et sociale sans précédent, et notre Département aura un rôle majeur à jouer. Dans les mois qui viennent, pour de nombreux habitants et de nombreuses entreprises, le quotidien sera très difficile. Ils auront besoin de nous. Il va donc falloir décupler nos forces et mettre l’accent sur deux priorités : les solidarités, et la relance économique. Si l’on veut le meilleur pour ce territoire, cela signifie le meilleur de l’action sociale, qu’il s’agira d’accentuer pour aider davantage ceux qui souffrent de cette crise, comme nous l’avons fait ces dernières semaines.

Vous souhaitez élargir le périmètre de l’action sociale ?

Quand je parle de « solidarité », je ne parle pas seulement de la gestion des aides financières en direction des plus fragiles, qui mobilise – et continuera de mobiliser – une part très importante des moyens du Département. Je parle de solidarité au sens large : celle qui donne à chacun la possibilité d’un quotidien et d’un avenir meilleurs ; celle qui permet d’accéder à l’éducation et veille à garantir l’égalité des chances, quels que soient le lieu où l’on vit ou le milieu d’où l’on vient ; celle qui met tout en œuvre pour soutenir notre jeunesse et l’accompagner sur le chemin de la réussite ; celle qui fait de la culture un bien commun et partagé, accessible au plus grand nombre, pour renforcer la cohésion de notre société. C’est pour cela que je veux aussi renforcer notre soutien aux communes : elles ont été en première ligne, à nos côtés, dans la gestion de cette crise sanitaire, elles le seront encore demain, pour accompagner nos concitoyens confrontés à la crise économique et sociale, et nous devons les aider d’autant plus à faire face. C’est pour cela, également, que je souhaite impulser la relance dans les Hauts-de-Seine par une politique déterminée d’investissement et par un soutien renforcé aux acteurs économiques du territoire.

Bio Express

1956 Naissance à Marseille
1992 Conseiller départemental (vice-président en 1994)
1995 Élu maire de Châtenay-Malabry (réélu en 2001, 2008 et 2014)
2002-2005 Député (puis à nouveau en 2009-1010)
2015 Premier vice-président du Département
2016 Vice-président de la Métropole du Grand Paris
25 mai 2020 Président du Département des Hauts-de-Seine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *